Uruguay – le retour de ma Môman :D

Après 1 an et demi (17 mois exactement), ma Môman est revenue me voir en America del Sur. Cette année, je ne lui imposerai pas des milliers de mètres d'altitude, puisque nous mettrons le cap sur l’Uruguay : j'ai pensé à où on irait, mais n'ai pas prévu de visite spécifique, on verra selon les envies... et la météo !

Je vais te le faire très linéaire et chronologique : après 2 mois sans écrire, ma plume électronique est un peu rouillée ! ^^

Bref, après avoir récupéré ma Môman à Ezeiza (en l'ayant fait attendre 1heure...oups!), on passe chez Lau, mon ange gardien de Buenos Aires, histoire que la voyageuse se repose un peu avant de poursuivre le voyage. Oui, j'ai décidé de traverser directement à Colonia del Sacramento, Uruguay dans l'aprem : certes, ce sera une looooooongue journée pour ma mère, mais ce sera bien plus agréable de récupérer dans la paisible Colonia que dans le chaos de Buenos Aires !

dans le bateau :)
La météo fut assez clémente pour le week-end, histoire de se balader, d'aller voir le Celestino où j’avais été volontaire, d'apprécier quelques atardeceres

il y a énormément de vielles voitures en Uruguay, et elles ne sont pas que pour la déco

Le lundi, nous récupérons la voiture de location et mettons le cap sur Jaureguiberry à 80 km de Montevideo, où nous avons loué una cabaña pour la semaine.


L'idée était de se relaxer et profiter de la « mer » - en fait un mélange du Rio de la Plata avec l'oceano Atlantico – ma môman m'ayant dit qu’elle avait besoin de se relaxer. Et quelle idée séduisante quand tu penses qu'en France il fait froid!

entrée de la cabaña
playa à 80m de la cabaña


Si nous avons pu apprécier quelques jolis atardeceres, la météo a été pourrie la majorité de la semaine ! A croire que l'automne français s'est invité dans la valise de ma mère, gé-nial...

pas mal pour le 1er soir :)



mais ça a été comme ça la plupart du temps :(
Entonces, ce sera quelques balades sur la playa quand la pluie s’arrête et sinon ce sera repos, lecture, charlas en prenant quelques matécitos que ma mère a apprécié :


mateeeee! :D
on profite de l'eclaircie !
L’occase aussi de prendre le temps de trier ce que je garde ou jette de ma garde robe, bien mise à mal pendant 1 an et demi de volontariats.

quand je te dis que je tafe, que je suis pas en vacances :)

je pourrais envoyer la photo à Decath: neuf vs 17 mois d'usage intensif
Nous avons profité d'une acalmie pour aller jusqu'au salto del penitente, à quelques km de la ville de Minas ; on m'en avait beaucoup parlé, et étant fascinée par les cascades... bon je t’avoue que j'étais un peu déçue. Et avec la pluie des jours précédents, l'eau ne paraissait pas très propre...

alors c'est ce filet, là-bas en bas?!
eh oui !
dans d'autres conditions j'aurais bien piqué une tête
Ca aura été l'occasion de croiser un peu de faune locale...

on les voyait sur la route, depuis la voiture!!!
ces lézards géants peuplent le salto

Nous sommes aussi passées saluer Marike et Jan chez qui j'ai été volontaire: organisant un asado pour le départ de Matthew et Steve – qui seront resté 4 mois... et qui devront revenir pour terminer les papiers pour expédier les Land Rover acquis : vive la lenteur de la bureaucratie uruguayenne !!! - c’était l'occase pour ma mère de goûter, même si elle n'est pas fan de la viande.

asadooooooo!!!
Malgré le temps pourri du samedi (encore!) qui nous empêchera de passer par la ruta costera, nous sommes parties vers Punta del Diablo. Par chance la pluie s'est arrêtée quelques heures après notre arrivée, ce qui nous a permis de nous balader et admirer l'océan, le vrai.

vue depuis la chambre :)
l'Océan! - playa de la viuda



Et le lendemain nous avons même pu apprécier le pueblo sous le soleil :) quel dommage qu'il ne soit pas sorti avant celui-là !!! mais apparemment il devrait nous accompagner pour le reste du séjour : ojala...

c'est quand même mieux sous le soleil :D
"silence svp, écoutons la mer"
selfie aéré!
On aurait pu rester du coup.. mais j'avais déjà réservé les 2 prochaines nuits plus dans les terres, vers Treinta-y-Tres, pour voir un peu plus de la cultura gaucha. Si mon idée était de passer quelques nuits dans una estancia typique, pour partager avec de vrais gauchos, on finira par rester dans l'estancia de Martin, recommandée dans le Petit Futé.
Ce sera plus une parenthèse confort, qu'une immersion dans la culture gaucho, mais honnêtement c’était agréable, Martin étant aux petits soins et le lieu incroyable.

je crois que la famille possède 400 ha...
la casa principal

la petite capilla
le chemin traversant la forêt de pins pour accéder à la casa

la piscina dont nous n'avons pas profité :(
La « déco » de la petite capilla œcuménique – c'est comme ça qu'on dit ? - était intéressante:

Gandhi, Confucius, Mahomet, Platon, Jésus...

Le soleil étant (enfin!!!) de la patrie désormais, nous en avons profité pour aller à la Quebrada de los cuervos, dont on m'avait très souvent parlé également. Et c'est vrai que c'est sympa :

y a pas de corbeaux, mais des chenilles :)

La vue panoramica est belle, mais moi je voulais un peu randonner : j'ai donc fait vite fait le parcours (pas évident) entre passage ombragé et petite plage ensoleillée :



Le soir nous avons pu profiter de la fin d'un joli atardecer



ces oiseaux me font penser aux bandurrias que j'ai croisées au Chili...
Si l’idée de base était de rester en el interior et d'aller vers Durazno, après l'épisode surprise « 90 km de piste de terre en pas super état entre Punta del Diablo et Lascano », l'option retenue a été de retourner vers la costa, histoire de se rapprocher de Carmelo via des routes dont on était (casi) sures du bon état. On est donc restées une nuit à Atlantida, où le vent était de la partie. Mais au moins pas de pluie et un joli spectacle pour le coucher du soleil (je t'ai déjà dit que j'aimais bien ce moment de la journée ? Jajaja – et comment se lasser de la magie de ce moment différente chaque jour ? )



Le lendemain donc, cap sur Carmelo, où nous resterons dans un hostal insolite, ou plutôt dont le gérant était insolite, mais pas de manière si positive... On y restera qu'une nuit par chance, car le lendemain on rend la voiture à Colonia.



presque "ma" plage :)

De nouveau sans véhicule, nous mettons le cap sur la capitale Montevideo... en bus !Et j’étais contente que ma môman expérimente un peu ma manière de voyager :D


Bon, Montevideo, capitale, ville, que je ne connais pas plus que ça, ce sera déambulations au hasard dans la Ciudad Vieja, achats de souvenirs. Et visite de Isabel et Francisco, pour que ma mère les rencontre et dont la terrasse permet d’apprécier je te laisse deviner quoi ;)

et ça roule encore!
ici, c'est légal, mais je ne fume pas
depuis chez Isabel et Francisco


N’ayant pas pu partager avec des gauchos directement, nous sommes allées faire un tour au Museo del Gaucho y de la Moneda. Et nous avons eu la joie de pouvoir voir l'expo temporaire sur le maté, dont une partie sont des dessins de matés originaux. Le type est un génie !

le message selon la manière de servie le maté


Eduardo Galleano, grand auteur uruguayen dont j'aime beaucoup les oeuvres


hommage au Petit Prince, très populaire en AmSud

On a d'ailleurs tellement aimé, qu'on a fini par acheter le livre des « 1001 matés » de Alejandro Sequeira. Que j'ai hâte de continuer à lire en sirotant un maté, en ta compagnie;)

Et surtout je tenais absolument à lui montrer un ensayo de candombe, musique emblématique du pays sur laquelle j'ai littéralement flashé ! Me rappelant du lieu où j'avais vu ma première comparsa répéter, nous y sommes allées. Malheureusement ils ne répétaient pas ce soir – noooooooo !!!! - mais participaient à una llamada (défilé de plusieurs comparsas) à une dizaine de km de là. S'ils ont commencé par nous expliquer comment nous y rendre en bus, un des musicos, Javier, ayant de la place dans sa voiture nous y accompagnera directement – ils sont comme ça les uruguayens, si si :D


Gramilleros et Mamas Viejas

Je peux pas charger de videos sur le blog, mais t'invite à aller voir sur youtube ce que c'est car une video, c'est mieux que des photos... enfin, le mieux c'est de le voir en vivo ! ;)
Et quand tu vois l'ambiance qu'il y a pour des répéts, qu'est-ce que ça doit être pour le Carnaval ! Et si j'avais pas décidé de mettre le cap sur le Brésil pour vivre cet événement, je pense que le carnaval uruguayen pourrait bien me plaire. Otra vez...

Après 3 nuits dans la capitale uruguayenne, nous mettons le cap sur l'Argentine de nouveau, la date du vol retour s’approchant. Et pour changer, j'ai décidé de voyager avec Cacciola : parce que c'est moins cher certes, mais surtout parce que ça passe par le delta du Tigre. Si le temps est devenu très nuageux et la pluie s’est invitée quand nous étions à bord, nous avons eu droit à un atardecer d'un autre monde, indescriptible...

le soleil qui cherche à percer les nuages....

J'ai choisi de réserver un hôtel à Tigre et non Bs As pour la tranquillité de la ville ; et au final juste 1h de train (genre RER) est nécessaire pour rejoindre le centre de la capitale.



RATP et RTM devraient venir s'inspirer...
beaucoup de campagnes de sensibilisation au harcèlement
Si le mardi la pluie nous a empêché de faire un tour de lancha au cœur du delta, le lundi nous avons eu un soleil magnifique et en avons profité pour aller à Buenos Aires et retrouver Lau. Après un passage par la Plaza de Mayo, que ma Môman tenait à voir pour ce que cela représente : là où les abuelas ont défilé pour dénoncer la disparition de milliers d'enfants/petits enfants au cours de la dictature

le foulard blanc, emblême des abuelas
au fond la palais du gouvernement

Nous sommes allées nous balader vers Puerto Madero, des anciens docks réaménagés en zone touristique :

Puerto Madero
avec Lau, mon ange-gardien argentin :D
Pont de la Femme

monument au chauffeur de taxi!
en direction de la reserva... qui était fermée!
Et voilà, quasi 3 semaines se sont écoulées et c'est l’heure de rentrer : si en ce moment les gilets jaunes mettent le oai en France, ma mère était assez surprise par la discipline des argentins/uruguayens quand il s'agit d’attendre le bus.


Nos retrouvailles se sont merveilleusement bien passées, et cette fois, nous savons que ce ne sont que quelques mois qui s’écouleront avant les prochaines, de l'autre côté de l'Atlantique …

Uruguay – Nettoyage de printemps entre Punta Ballena et Punta del Diablo

Si pendant 2 ans et demi, j'ai globalement échappé au ménage quand je passais par les hostales, cette fois le karma m'a rattrapé : ça a été ma mission principale pendant 1 bon mois ! De quoi m'enlever « l'envie » …. Pendant que la France s'approche de l'hiver, ici c'est l'inverse. Et donc sur la costa on prépare la temporada, et il faut remettre d'aplomb avant que les touristes ne débarquent. Et là, c'est les anfitriones Workaway qui sont contents du système !

Bon, je vais pas me plaindre, c'était pas si terrible juste aburrido, surtout vu les endroits où je suis restée. Comme annoncé précédemment mon appareil a décidé de me lâcher à Montevideo, et jusqu'à ce que Maman Noël arrive (dans une dizaine de jours au moment de commencer à rédiger ce post... elle est repartie y a 6 jours déjà ! jajaja), pas de photo.... Donc on va dire merci à notre ami Google, pour te donner un aperçu.

J'ai commencé par un hostel à Punta Ballena, que j'ai atteint en partie grâce à Ruben y Alejandra, a dedo **.
Hostel tenu par Martin, cocinero de base, et dont j'ai pu profiter du savoir faire. Ça a été le lieu où la limpieza a rythmé mes journées pour 2 semaines! A commencer par TOUT laver du bar-resto : 3 jours de vaisselle, heureusement j'aime plutôt ça.
Et ensuite les chambres, les baños, et la petite huerta (du désherbage quoi)! Et on a même rangé la bodega avec Manu, um chico brasileiro (maintenant tu vas avoir droit à quelques notions de portugais aussi ;) ), ou le cafoutch comme on dit à Marseille : l’endroit où tu stockes un peu tout et qui finit en grand bazar !
Je serai curieuse de voir combien de temps ça va rester net comme on l'a rendu...

Punta Ballena vue du ciel
avec Martin

Ensuite, j'ai mis le cap sur Punta Rubia, chez Sila y Jona qui construisent et améliorent sans cesse leur cabaña en bois, en recyclant/réutilisant/remettant à neuf : ça donne des idées ! El valle de la luna est un endroit reeee tranquilo, à 1km de la plage déserte, où je me rendais casi tous les matins avec ou sans los perros Sol, Frida y Cléo.
Même si je me suis tapée la limpieza profunda de la cocina pendant 2 jours, ça a plutôt été peinture/vernis ma mission principale :)

Punta Rubia vue depuis La Pedrera
avec Sila et Jona
Et j'ai pu réaliser de nouveau que c'est la playa, enfin plutôt l'oceano, qui aurait besoin d’une bonne limpieza, vu le nombre de déchets échoués chaque jour sur le sable. Et la fréquentation de la plage étant minime à cette période de l’année, c'est bien ce que ramènent les vagues : affolant, impressionnant, écœurant, attristant... y a pas de mots !
Juste histoire de poursuivre dans le thème, il se trouve qu'au même moment (oui, oui début novembre, hum hum ! xD ) Mr Mondialisation a publié 2 articles/courts métrages en relation, que je partage avec toi :


Ensuite, direction Punta del Diablo, chez Nacho, dueño d'1 resto et 4 cabañas. Étant parti travailler quelques mois à Ibiza, tu imagines ce que ça donne des maisons en bord de mer sans entretien et fermées pendant 6 mois ? Ah ben là aussi, j'ai donné dans l'huile de coude !!!!
Heureusement le paysage compensait, même si je n'a pas osé piquer une tête, l'eau n'étant pas si chaude.
J'ai connu un pueblo casi fantasma, mais apparemment pendant el verano il y a beaucoup de touristes; et j'avoue que même si je ne suis pas fan des foules, j'aimerais bien y dégoter un volontariat pour quelques semaines, pour passer la fin d'année :)  

playa de la viuda, Punta del Diablo
Après ces quelques semaines placées sous le signe de la limpieza profunda, je peux te dire que j'avais hâte que Maman Noël arrive. Moi aussi je vais me prendre des vacances bien méritées – parce que je te rappelle qu'un voyage, à coup de volontariats de surcroît, ce ne sont pas des vacances ;)
En attendant, j'ai pu commencer à relajarme en passant quelques jours dans la paisible Barra de Valizas, en couchsurfing chez Viviana.

avec Paul, un couchsurfer allemand et Viviana
Barra de Valizas vue du ciel
Pour plus de praticité quand j'irai chercher ma môman à l'aéroport, j'ai décidé d'aller laisser mi mochila grande à Colonia, au Celestino. Du coup, je me retraverserai toute la costa uruguaya, en faisant un stop couchsurfing chez Nico et Virginia à Las Toscas, près d'Atlantida.
Couchsurfing qui m'a permis de rouler et dormir dans un combi VW pour la première fois de ma vie - et qui m'a donné très envie de tenter l'expérience pour un road trip... avant que l'essence n'atteigne le prix de l'or!
Combi avec lequel Nico et Virginia ont parcouru une partie du Brésil l'an dernier, avant de repartir pour de futures aventures dans quelques temps. 

Virginia et Nicolas
Puis je suis passée de nouveau chez Isabel et Francisco à Montevideo, avant de repasser en Argentina et d'aller rendre visite à Isabel que j'avais connue lors de la ceremonia à la Pachamama à Amaicha.

Isabel 

avec la Negra :D
** Une précision sur mon mode de transport en Uruguay durant ces 2,5 mois : j'ai testé (et approuvé) la pratique du a dedo, autrement dit l'auto-stop :)
Plusieurs viajeros m'avaient dit qu'avec Chile et Argentina (que j’ai parcouru avec Qispy), l’Uruguay était un pays où ça marchait bastante bien. Et si au début de mon voyage je n'aurais pas osé me lancer, après toutes les rencontres lindas que j'ai faites et qui m'ont redonné foi en l’Humanité, j’ai décidé de sauter le pas. 

Et à part 1 bus pour sortir de Montevideo vers Atlantida, et 1 autre pour parcourir les derniers 50 km qui me séparaient de Colonia sous la pluie, tout le reste je l'ai fait a dedo, soit plus de 1000 km grâce à plus de 30 conducteurs :)
Et je comprends pourquoi quand on se lance dans cette aventure, c'est difficile de s'arrêter. Certes, l'aspect financier joue un rôle, mais plus que ça, les rencontres, encore et toujours, qu'on peut faire. Parfois sur moins de 5km, parfois pendant des dizaines ou centaines. Et puis, la vue qu'on a depuis la cabine d'un poids lourd c'est autre chose ! Malheureusement je n'ai pas de photos de tous mes bienfaiteurs, parce que l'appareil de mon celular est pourri... 

Une des plus marquantes est celle avec Bertrand, 81 ans et une énergie incroyable et qui n'a pas cessé de blaguer sur les 50 km que nous avons partagé :) Sans parler des conducteurs qui n'hésitent pas à faire un bon détour pour m'approcher au plus de ma destination ou que j'évite de me mouiller avec la pluie... Gracias Uruguay ! :D

Ruben et Alejandra qui m'ont emmené jusqu'à Punta Ballena
Pablo (Argentina) et Marcos (Brasil) qui m'ont emmené jusqu'au coeur de Montevideo