Latacunga – Boucle de Quilotoa / intro

Après Quito, direction Latacunga, qui sera le point de départ de ma « loop » qui me mènera jusqu'à la laguna de Quilotoa, au sein du cratère du même nom. Et faut dire que ça a l'air pas mal comme endroit...

va falloir que je patiente, et fournisse quelques efforts,  un peu avant de voir ça
Et c'est bien la seule raison de mon passage par cette ville, car c'est moche ^^ A la base j'aurais dû y rester 2 semaines pour être volontaire à l'hostal Tiana – où j'ai dormi et laissé mi mochila – mais finalement ils n'avaient plus besoin de volontaire.

Alors t'as plusieurs options :
- paresseux/pressé : tu te fais un daytrip en bus/camioneta/taxi entre Latacunga et la laguna, juste histoire de dire que tu as pu admirer cette merveille depuis le mirador et basta.... 
- randonneur type 1 : tu te rends jusqu'à la laguna en transport et tu en fais le tour – comptes 4-5h vu le dénivelé, l'altitude, le vent... 
- randonneur type 2 : tu vas au bled de Chucgchilan, et le lendemain tu randonnes jusqu'à la lagune – 11km, avec un bon dénivelé 
- randonneur type 3: tu pars depuis Sigchos, et tu « trekkes » pendant au moins 3 jours. C'est ce que j'ai fait, et évidemment dans le sens difficile, à savoir je pars du plus bas pour aller au plus haut. 
Certains font le chemin inverse (Quilotoa vers Sigchos), mais perso je préfère finir avec la laguna comme récompense :D

Bon en théorie une boucle tu pars d'un point A pour y revenir, mais la rando en elle-même c'est plutôt un aller simple. Parce que si j'avais vraiment fait la boucle de Latacunga à Latacunga à pied, je pense que j'y serais encore... Donc en gros le parcours se fait entre les bleds Sigchos (2900 m) -Isinlivi (3000 m)-Chugchilan (3200 m) -Quilotoa (3850m).

Bon je me suis pas trimballé mon méga sac de 15kg – il y en a qui le font :s – mais un plus petit sac (celui a acheté à La Mariscal), avec le minimum nécessaire, pour survivre 3 jours:


Pantalon-short + tshirt pour la marche
Haut manches longues + caleçon merino comme pyjama
3 culottes (2 auraient suffi, en en lavant 1 chaque soir)+ 1 soutif
2 paires de chaussettes (1 pour la rando, 1 plus chaude pour le soir)
Crème solaire – j'ai finalement décidé d'en acheter après Popayan, vu que je serai beaucoup plus haut
Casquette
Polaire + Imper coupe-vent + gants + bonnet
Strict minimum de toilette (pas besoin de te trimballer serviette+savon, les hostals fournissent)
Appareil photo + chargeur
Portable + chargeur – mais il est resté éteint vu que pas de signal...
Snacks pour prendre des forces – maiz tostado, mandarinas, panela
Eau : 2*1L - certes c'est 2kg de plus sur les épaules, mais je peux te dire que chaque jour je les ai descendus !
100$ en cash car pas moyen de retirer sur le chemin
les « cartes » des 3 randos
Trousse de secours + frontale

Bon l'imper/coupe-vent + gants je m'en suis pas servi, malgré l'altitude et le vent – et j'ai eu de la chance car pas un jour de pluie - même au niveau du cratère... Ni la trousse de secours. Du coup j’aurais pu voyager plus léger (non négligeable quand tu randonnes) mais bon pas de regrets. 

En tout cas j'ai réalisé que j'aurais pu ne partir qu'avec un sac de 30L pour faire mon tour de l'Amérique du Sud. mais j'aurais dû faire un croix sur quelques trucs comme mon ordi, et du coup pas de blog... ;)

Bref, rdv au prochain post pour la partie rando et les photos ;)

Quito - bref retour à la ville

Après 2 semaines et demi de « travaux forcés » dans le bled de El Cubinche, cap sur la capitale, Quito, dont je pouvais observer l'étendue tous les soirs.

J'avais vu qu’il était difficile de trouver une auberge à moins de 10-15$, mais finalement en m'excentrant vers la place Foch, j'ai déniché le Discovery Quito Hostal, à 8$/nuit, petit-déj inclus. 


Pas loin de la place Foch, se situe le « fameux » mercado artesanal de La Mariscal, où on peut faire de bonnes affaires. Et comme je cherche un sac à dos en vue de ma « Quilotoa loop » dans quelques jours - et là je regrette de pas avoir pris mon 30L Quechua... - autant y passer sur ma route vers le centre historique.
Bon, on y trouve peut-être de l’artisanat, mais c'est pas l’endroit le plus typique qui existe : les 200 et quelques stands sont bien rangés les 1 à côtés des autres, dans des renfoncements de 2 m sur 3... 


Ensuite, je continue vers le sud, et passe par un des nombreux parcs de la ville, El Ejido, où il semblerait que les cyclistes se donnent rdv... Là aussi à l'entrée, tu trouves quelques stands d'artisanat, dont les fameuses peintures de Tigua, très colorées.

la Lucha Eterna et el Arco de la Circasania à l'entrée
attention cyclistes!
statue du presidente Ibarra
A 10 minutes se situe le parque La Alameda où cette fois c'est le pédalo qui règne. Et où on trouve également l'observatoire, ainsi qu'un monument en l'honneur de la Mission Géodésique Française de 1736 (tu sais celle qui s'est plantée dans la détermination de la Mitad del Mundo)


gloire à nos savants français!
 Ensuite, vient une des mes visites favorites de la journée, celle de la Basilica del voto nacional  



Outre ses dimensions impressionnantes et ses gargouilles originales – iguanes, tortues, toucans... - pour 2$ tu peux monter au sommet de la tour histoire d'avoir une vue à 360° sur la ciudad. Et en prime, un shot d'adrénaline vu les échelles par lesquelles tu passes pour y accéder – si t'as le vertige, méfi !

dominer la messe du dimanche, check!

un peu raide
au fond, au centre, el Panecillo


gargouilles iguanes


En tout cas, les quiteños pensent à tout pour « chouchouter » les touristes : ascenseur jusqu’au 2e – d'ailleurs ça fait plus cage d'escalier d'immeuble que église sur cette partie – café (mais j'imagine pas le prix des consos) et évidemment les boutiques souvenirs à chaque extrémité du 2e étage.

Bref, après avoir bien profité de la vue, direction le centro historico. 



Le truc muy bacano c'est que le dimanche la circu est interdite aux voitures sur l'axe Nord-Sud, entre 8h et 14h. Seuls les trolleys et vélos peuvent circuler – pour le coup l'expression « cycliste du dimanche » prend tout son sens – donc mes poumons ne sont pas trop asphyxiés par le trafic. Ce qui rendra mes déambulations plus agréables :)

et y a des agents pour surveiller que tout se passe bien
Bon évidemment, tu croises un nombre élevé d'iglesias et autres capillas à chaque coin de rue :





Je finis par arriver sur la Plaza de la Independencia, où siège le palais du gouvernement notamment. Et où les quiteños aiment bien venir se caler apparemment, vu la foule assise sur les bancs tout autour de la place. 



des fanatiques de Dios....


Bon, c'est pas tout mais après 3 bonnes heures de crapahutage, la faim se fait sentir. Je décide de retourner dans un petit boui-boui à 100m de la Plaza, où pour 2,5$ j'ai eu un almuerzo complet (sopa – plato fuerte – jugo), alors qu'aux alentours faut compter dans les 4$ pour le plat seul...

J'ai ensuite décidé de me mêler à la foule qui transitait dans la Calle Chile, curieuse de voir où tout ce monde se rendait... Et j'ai vite compris que c'était LA rue commerçante, où les quiteños venaient faire leurs emplettes.
Et parmi les diverses tiendas et autres supermercados (semblables à des souks), l'église de la Merced évidemment. Et à quelques mètres de là, j'ai découvert un nouveau petit boulot de rue : le service de pesage ! Mais je sais pas si beaucoup de personnes osent se peser en pleine rue.... 


La Merced
le souk sauce sudaméricaine :)
Quelques rues plus loin, je déboule sur la plaza San Francisco et son monastère :



Et toujours plus au sud, je passe par une des plus vieilles rues de Quito, la Calle de La Ronda, où il y a pas mal de bars/restaus.



Même si j'ai pas mal zigzagué dans le centro sans direction précise, j'avais quand même un objectif: arriver à la colline El Panecillo, qui trône au milieu de la ciudad, et d'où on peut encore observer toute son étendue. 
Bon qui dit colline dit montée, et je peux te dire que je les ai sentis les escaliers surtout après tous ceux de la basilica le matin ^^
Il y a des bus si tu préfères, mais je reste persuadée que la marche est un des meilleurs moyens pour découvrir une ville :)

Cette colline tu peux pas vraiment la manquer avec sa vierge d'aluminium de 41 mètres de haut, que tu peux voir de presque partout à Quito - c'est un peu la Bonne Mère quiteña ^^ 


oh Bonne Mère! 

Et pour 1$ tu peux monter à l'intérieur du monument pour dominer de nuevo la ville. Du coup, entre ça et la basilica, j'ai décidé que je ne ferai pas le teleferico, qui te permet d'accéder au Rucu Pichincha, le volcan qui surplombe Quito – et d'en faire l'ascension si t'es motivé – et d'avoir une vue plus globale sur la capitale. Mais je préfère garder mes 8$ pour autre chose, et en plus faut que tu y ailles un jour dégagé pour profiter de la vista. Et ça c'est difficile à prévoir...   


Quito d'un côté (celui d'où je viens) avec le Rucu Pichincha sur la gauche

et de l'autre côté, vraiment très étendue comme ville

et tu peux t'amuser à compter les plaques d'alu si tu veux ;)
Bref, après cette ascension, je décide de retourner à mon hostal, car ça fait déjà pas mal de bornes – ça doit faire 7h que je déambule dans les rues - sans compter les escaliers des monuments. Sachant que Quito se situe à 2800m, c'est pas mal :) En plus, les voitures ont repris leurs droits, donc l'air n'est plus si pur...

Teatro Nacional Sucre sur le chemin du retour

El Cubinche – pioche, pelle, brouette et biscotos !

Pour mon 2e WA dans le pays, j'ai eu l'occasion de participer à un projet initié par un français et un américano-équatorien, Rémi et David  : celui de construire une « finca-escuela » pour promouvoir l'agro-écologie auprès de la population locale, en résumé.

En ayant discuté avec Rémi, j'ai appris qu'il avait fait une école de commerce, avait un peu travaillé en marketing, puis avait décidé de partir visiter l’Amérique du Sud. Et à coups de différents volontariats sur tout le continent, après avoir partagé un bout de route avec David, 4 ans après ils ont décidé de lancer ce projet. Si ça me donne des idées?! Disons que je trouve ça inspirant... :D

Bref, avant de pouvoir commencer à cultiver/stocker pour être en autosuffisance et recevoir les finqueros du coin et autres viajeros curieux d'en savoir plus sur la permaculture, il faut avoir des locaux... et c'est justement la première phase du projet : construire de A à Z l'ensemble du futur « complexe » (grange, cabañas, cuisine, serres, parcelles de culture), sans aucune machine et de manière durable, avec des matériaux naturels et locaux!

Ayant lancé le chantier depuis 2 mois, mais voulant commencer à cultiver le plus rapidement possible, la priorité était de construire le galpon (grange).

mon 1er jour sur le chantier
La structure du galpon est en bambou – ça m’aurait bien plu de participer à cette phase - les fondations et murs seront faits en tapial – ou pisé, si tu connais... - un mélange de terre argileuse et d'eau.

12 brouettes du tas de gauche + 6 du tas de droite pour 1 mix de tapial

mix prêt à être mélangé à coups de pelle et houe!
on ne perd pas une pelletée de tapial!
Pour les fondations, y a qu'à remplir les tranchées (creusées manuellement), puis tasser avec un pison, qui pèse son poids! Perso, je n'ai jamais trop pratiqué le pison, je préférais pré-tasser avec mes pieds :) 

petite pause pendant la visite du Rotary Club
Isobel et David, nos pisoneros professionnels :)
Mais pour les murs on utilisera une tapialera, un genre de caisse en bois, histoire de former les parois. Ce qui implique de creuser les trous pour les piliers de soutien, puis mettre en place la caisse. Pour le premier mur, un maestro est venu aider à l’installation, et ensuite il a fallu apprendre à faire seuls :s

Rémi et David suivent les instructions du maestro

Sara et Kiri préparent les trous pour le prochain mur
Parce que ça demande beaucoup d’efforts de réaliser le mix puis de l'utiliser, c'est une tâche envisageable que si on est au moins 4-5 à travailler. Et ça tombe bien car ma première semaine on était 7, et de tous horizons : USA, Irlande, Espagne et France donc :)
Et le mercredi il y a même eu une minga – communauté à qui profitera le projet venant prêter main forte - 5 personnes nous ont donc aidés pendant quelques heures, de quoi pas mal progresser malgré la pluie. Dommage que cela n'arrive pas plus souvent...

Une fois le mélange fait, 2 personnes s'enferment dans la tapialera et ont pour objectif d'assez la remplir pour pouvoir en sortir avant l'almuerzo ^^ Et les autres remplissent et passent les seaux, je peux te dire que ça fait les bras !

David piégé
Rémi et Franklin qui tassent le 1er mur
on "embauche" tout le monde !
Guillem et Rémi, aidés par Alejandro
Le mardi, le premier mur était fait et je peux te dire que l'excitation et la curiosité étaient au rendez-vous pour voir le résultat...

drum rolls....

on peut voir les différentes couches tassées
de g. à d.: Isobel, Sara, Franklin, Kiri, Guillem, David et moi

Du coup, objectif : essayer de faire 1 mur par jour ! Pas facile... mais à coup de guarango (alcool à base de "jus" de penco, une plante locale), limonada ou miel d'aguacate, sans oublier la musique et la bonne humeur, ça a été possible. Résultat le lundi suivant, 5 murs étaient bâtis :)


En parallèle, Rémi et Guillem se sont occupés des bambous pour pouvoir commencer à faire le toit dès que possible. Bon c'était pas vraiment « safety first » ... 


je sais pas comment il faisait, mais Rémi était impressionnant à jouer les équilibristes si souvent sans filet de sécurité
Bah oui, on est en Ecuador donc c'est très système D. Par exemple, le camion que tu vois, c'était notre échafaudage mobile, l'eau on la prenait chez le voisin, tout comme l'électricité....

notre source d'électricité
Je peux te dire qu'après une semaine à faire du tapial, j'étais bien crevée – 8h-13h30, tous les jours, et n'oublie pas que je suis à 2600m – et que je comptais me reposer le we... mais j'ai décidé d'aller voir les lagunas !
"Heureusement" – mais dommage en même temps – la 2e semaine nous n’étions plus que 3. Du coup, on laisse le tapial, et ce sera rangement du chantier, et pose du toit du galpon. 

tôles trop grandes donc on coupe
4 planches de bois posées en équilibre sur le bambou en guise d'appui...


Et quand tu poses la première tôle, tu n'as pas d’autre choix que de faire toute la moitié, autant dire que ce fut une loooongue journée, surtout que le vent a eu la bonne idée de se joindre à nous. Bien plus éprouvante pour Rémi et David que pour moi certes, mais mon corps se souviendra des plaques de zinc vachement coupantes – et lourdes :s
En tout cas la fierté était là à la fin, et ça a bien changé en 2 semaines, entre les 5 murs et la moitié du toit.

ça prend forme progressivement
Autre chantier entamé, les fondations de la cuisine des volontaires. Première étape, dégager les tranchées – à coup de houe et pelle - et creuser les trous (50 cm) – à la barre à mine. 


Deuxième étape : cimenter les piliers – ce qui a impliqué de porter les piliers (bois d'eucalyptus - oui, il y en a ici) !

David et Rémi qui préparent le ciment
c'est droit, le plomb a parlé
la cuisine aussi prend forme petit à petit
Même si sur ces 2 chantiers j’ai plus été « assistante » que main d’œuvre, j'ai appris vachement de trucs. Et je n'aurais pas eu que 3 mois en Ecuador, je serais bien restée jusqu'à la fin de la construction, pour encore plus en apprendre. 
Par exemple, les murs de la cuisine seront en bahareque : entre 2 piliers, tu poses deux treillages en bambou, à l’intérieur desquels tu verses de la terre.

Quand j'étais pas sur le chantier ou en mode touriste, c'était repos/détente à la casa, d'où on pouvait apercevoir Quito-la-tentaculaire tous les soirs, assis autour du feu. Et souvent profiter d'un ciel enflammé par le soleil couchant...

les chevaux du voisin
Ianto, le chien de David
et c'était ça presque tous les soirs :)
Quito au loin - c'est un flou artistique délibéré... ou pas ^^
ce feu, c'est moi qui l'est allumé, toute seule :D - merci Guillem et Sara pour la leçon
Bref, je souhaite à Rémi et David d'arriver à réaliser ce super projet, et je sais que j'aimerais bien repasser pour voir le complexe fini, et en apprendre plus sur la permaculture :)


PS : El Cubinche, là ou j’étais exactement, est situé à quelques km de Cayambe, connue pour ses fameux bizcochos (à base de farine et margarine). C'est simple t'as une boutique tous les 5m sur l'avenue principale ! Et faut dire que c'est presque addictif ces trucs... 

ils sont pas restés intacts bien longtemps ^^