Cuenca – Iglesias, graffitis et objets de torture

Si j'ai voulu passer par Cuenca (2500m), bien que ce soit une ville, c'est que ça m'avait l'air de valoir le détour: après tout cette ciudad a été classée au patrimoine mondial de l'Unesco.
Et c’est vrai que son centre historiqu, entre ses (nombreuses!) iglesias et autres façades coloniales, est sympa.

y en a des iglesias!
Catedral Nueva, de dos
Catedral Nueva, de face - parque Calderon

iglesia Santo Domingo



templo San Sebastian
iglesia Todos Santos
iglesia San Alfonso


ruines cañari et incas de Todos Santos
La promenade le long d'un des 4 rios qui traversent la ville– sur l'avenida 3 de Noviembre, Maman c'est pour toi ;) -  est également agréable.


Mais bon, perso une journée – une matinée en réalité – ça me suffit ! En bonus, je suis allée jusqu’au mirador de Turi. Heureusement que c'était 0,5$ l'aller-retour en bus, car rien d'exceptionnel, peut-être parce qu'il faisait pas super beau... 

Cuenca depuis Turi
Au retour de ce mirador, je suis passée par hasard devant le museo d'histoire de la médecine... En général je suis pas trop musée, mais ma curiosité a été récompensée ! 


Bon j'ai pas été à fond dans tous les trucs exposés – je suis pas musée, je te l'ai dit - et je me suis dit qu'il fallait vraiment pas avoir le choix pour être opéré avec des trucs pareils ! Ou plutôt: heureusement que la médecine ne cesse de faire des progrès, car même si on me payait je sais pas si j'accepterais...

machine d'anesthésie
table d'opération
lit d'accouchement
la cocaine est un médicament donc...
Sinon, au détour de quelques rues, j'ai croisés un peu de street art pour mon plus grand bonheur – oui, je préfère nettement ça, à l'architecture coloniale !





j'approuve, forcément!

PS : j'avais croisé JC sur la ruta de las cascadas à Baños, tu te rappelles ? Bah là, j'ai même chopé son 06, enfin son 09 ! ^^


Runtun – La ruta de las cascadas

Je reconnais que j'ai pas vraiment été une bonne touriste durant ma semaine près de Baños puisque je n'ai pas goûté la spécialité locale (melcocha, un genre de friandise dont la fabrication vaut le coup d'oeil) et je ne suis même pas allée à la fameuse casa del Arbol (balançoire dans le vide), pourtant à côté de ma finca...

Mais il y avait une activité que je voulais à tout prix faire :la ruta de las cascadas, entre Baños et Puyo, en bicicleta. Si tu veux pas pédaler, t'as l'option bus... mais franchement tu raterais quelque chose car 95% du temps c'est de la descente, donc y a moyen de s'éclater :)
T'as des tonnes d'agences de location de vélo à Baños, et du coup tu t'en sors avec 5$ de loc à la journée.

Un autre argument est que tu peux éviter la foule car tu vas à ton rythme... FAUX ! Du moins pas un samedi ou un dimanche. Mais on a en quand même bien profité, avec les autres chicas volontaires motivées.

Après un petit débrief pour expliquer l'itinéraire – mais c'est pas vraiment nécessaire puisque toujours tout droit et bien balisé – c'est parti pour une vingtaine de bornes avec 3-4 grandes cascades au programme.

la vallée du rio Pastaza
petite douche pour Rachael
Avec en prime une rencontre VIP avec JC! La ressemblance est assez troublante, du coup je doute de l'origine 100% naturelle de ce visage... 


Premier arrêt au Manto de la novia, qui d'en haut semble assez impressionnante. Tu peux te contenter de l'admirer d'en haut, ou si tu as envie de te prendre pour Super(Wo)Man, tu as l'option zipline. Ou il y a aussi l'option tarabita: genre de cage-téléphérique. Mais si comme nous tu veux pas payer -enfin, pas trop payer - tu peux t'y rendre à pied .
Descente plutôt raide, et au final surprise : 1$ de droit d’entrée car terrain privé :s
Perso j'ai pas fait tout ça pour rien, je veux ma photo au pied de la cascada. Et de près, elle est vraiment grande, même si ce n'est rien comparé à ce qui nous attend pour la suite....

une tarabita survolant la cascada
certes, j'avais pas besoin de m'accroupir pour faire petite ^^
2e étape, au loin la cascada San Jorge, sans plus ...

mais ça reste pas mal :)
Et 3e étape, mais la plus attendue, le pailon du Diablo. T'as 2 entrées – chacune à 1,5$, évidemment - une pour voir la cascada d'en haut, l’autre pour la voir au plus près. C'est cette option qu'on a choisi, et pas de regret ! 
Ça se mérite déjà, une bonne vingtaine de minutes de descente, mais au final tu te prends toute la puissance de la nature dans la gueule. Et tu comprends le nom, quand tu sais que pailon ça veut dire chaudron ;)
Dommage que la connec' à Chuchumbleza soit trop lente pour charger une vidéo ... mais on peut pas tout avoir dans la selva ! 

je te laisse imaginer le vacarme!
A défaut de la surplomber, tu peux donc aller quasi au pied, ou quasi au sommet – attention, ça mouille. Le hic, c'est qu'on était pas les seuls, c'était un peu l'usine pour y accéder, mais bon j’ai voulu faire la touriste, j'assume ^^


le selfie touristique qui sert à rien... à part te montrer que ça mouille !
le pailon del Diablo au loin
Alba nous avait parlé d'une 4e cascada – celle de Machay – où il était même possible de faire trempette. Mais après renseignement, cela nécessitait encore 1h de marche pour y accéder, et voulant choper le bus de 16h pour retourner à la finca, on a décidé de pas y aller. Rageant quand tu sais qu'au final on a raté le bus, grrrrr... 
Tant pis, j'irai quand je repasserai saluer la famille de Runtun :)

Runtun – Miam miam miam !

Autre occupation dans la semaine, parce que je voulais apprendre : la cuisine ! Alba étant une bonne cocinera, et parce que je voulais aussi aider – je suis pas à l'hôtel, donc je veux partager les tâches, puis quand t'as 3 (ou 6) volontaires à nourrir, ça t'en rajoute du boulot – j'ai appris quelques trucs grâce à elle. Ce qui a rendu le séjour encore plus plaisant :)

Y a pas beaucoup de photos, mais c'est pour mieux te laisser imaginer et saliver ;)

Le premier truc que j'ai fait c'est le delicioso jugo de tomate de arbol ! Bon c'est pas compliqué : tu pèles tes tomates, tu les coupes, tu les mixes avec agua et azucar, et tu te régales :)

La nouveauté ça a été le jugo de babaco !! Là aussi, rien de plus « simple », sauf que les babacos quand ils sont bien suaves, c'est chiant à peler, tu t'en mets de partout. Mais à part ce détail, une fois en morceaux, agua + azucar, tu mixes et tu savoures.

Le jugo, c'est rico, mais j'ai flashé sur le dulce de babaco, un mix entre compote et confiture ! Ça, tartiné sur du pain maison – que j'ai appris à faire aussi, du moins la recette – une tuerie pour tes papilles ! Les miennes en redemandent encore.. Bon là j'ai pas tous les détails, mais soit tu pré-mixes tes babacos, soit tu cuisines direct les morceaux, et tu laisses mijoter avec du sucre jusqu'à ce que ça soit bon !

Une autre surprise made in Alba, la préparation de l'aliño, genre d'accompagnement que tu peux utiliser pour tout, qui rajoute un goût muy rico à tes préparations, comme sopa, arroz, ou patacones !
Ah les patacones, je connaissais la méthode colombiana, à savoir frire dans beaucoup d'huile. Mais avec l'aliño ça change tout. Après avoir doré des 2 côtés puis aplati tes morceaux de platano, tu les imbibes d'aliño avant de les refrire avec un peu d'huile. Pas secs du tout, et avec un goût... miam miam !!!
Tu peux procéder de la même façon pour faire des courgettes/aubergines frites : tu baignes tes tranches dans l'aliño, un peu de farine sur chaque face et tu fris - t'as tout compris? ^^ Puis tu te régales !!!!

Et enfin, l'ultime chose que je voulais apprendre c'était à faire la pâte à pain made in Alba. Bon, les quantités sont impressionnantes vu le nombre de petits pains qu'on a fait – une bonne soixantaine, on avait autour de 5kg de pâte . Là je ne demande que l'occasion de mettre en pratique :)
Et ce pain, tartiné de dulce de babacos, une tuerie! Je me répète?! Mais c'est parce que j'ai kiffé ça jusqu'au dernier petit-déj’ :D

Jade qui s'occupe des derniers pancitos
Sinon, autre recette apprise, mais grâce à Marcel, le chico suisse, celle des fameux rösti de pomme de terre. Bah là aussi, pas vraiment compliqué, juste long. Tu pèles tes papas, tu les râpes, avec un oignon, puis tu fait cuire tes « galettes » sur les 2 côtés. Avec possibilité de rajouter du fromage. Bon le queso fresco ecuatoriano, c'est pas ce qui fond le mieux, mais c'est toujours ça :)

j'ai pelé la vingtaine de patates, je laisse le râpage à d'autres
un homme aux fourneaux!
Et j'allais oubliais : le maiz tostado ! Il suffit d’avoir la bonne variété de maiz, un peu de cebolla, quelques gousses d'ajo : tout ça dans une grande poêle, avec un peu d'huile et de sel. A la portée de tous, même d'Holger ^^


Bref, tu l'auras compris, non seulement je ne suis pas morte de faim à Runtun, mais je repars avec plein de recettes à mettre en œuvre à mon retour... Mais je vais peut-être pas attendre si longtemps avant de me régaler à nouveau ! ^^

Runtun – Et au pied du volcan, des babacos

Cette semaine j'ai partagé la vie d'une famille : Monica, son mari Holger, leur fille Emily, ainsi que les parents de Monica, Alba et Wilo – déjà grands-parents à 41 et 45 ans !
Entre la maison en construction, et les terrains cultivés, y en avait des choses à faire. Du coup, on a varié les tâches, et c’était plutôt agréable :)

Mais avant de te dire ce que j'ai fait:
- leur casa est située au pied du volcan Tungurahua (5029 m). Et chaque jour, j'étais en admiration devant 
 
qu'il soit dégagé
un peu timide
jouant à cache-cache
surplombant les nuages
- Emily, que linda chica !!! 
Pas timide pour un sou, chaque voluntario est de suite son amiguito :D Même pas 3 ans, mais qu'est-ce qu'elle est éveillée, active et connaît déjà une quantité impressionnante de plantes ! Sans parler de sa conejita qu'elle va nourrir chaque jour, et de son précieux columpio où elle s'éclate à longueur de temps! Un véritable coup de cour pour mon amiguita, et tu vois la différence entre les gosses élevés à dose de tv/tablette/ordi et les autres!
nourrissant la conejita

cherchant des frutillas (fraises)
LE columpio!
future musicienne?
Bref, après le passage par El Cubinche, quand j'ai vu la maison en construction, j'étais prête à mettre de nouveau les mains dans le ciment. Mais Holger étant légèrement machista, on peut pas dire que les chicas aient été très utiles sur le chantier, surtout dès que Marcel – le seul chico volontaire – est arrivé !
J'aurais quand même apporté mon aide pour tamiser du sable– ça fait les bras –et jouer les mains d'oeuvre à quelques reprises, mais je n'aurais pas appris grand chose, histoire de construire ma propre casa en rentrant.

Du coup, on oublie la construction et on passe au triage des tomates de arbol. Je sais pas combien de plants ils possèdent en tout, mais on a quand même mis 3h30 pour classer les tomates selon leur taille, et les mettre dans des lonas, prêtes à la vente.
Et les plus suaves/abîmés, on se les garde pour faire du jugo, hmmmm, delicioso !

on récolte les rouges seulement
avec l'aide d'Emily, c'est tout de suite mieux

on a rempli toutes ces lonas!

Autre fruit cultivé par la famille, et par centaines de plants encore une fois, le babaco !Un matin, on est partis faire la récolte, dans les invernaderos : je peux te dire que je comprends tout à fait l’expression « effet de serre » désormais. Que calor ! Surtout après s'être acharné un bon ¼ d'heure pour dégager le pickup !


les plants de babacos
seuls les jaunes nous intéressent
Ellen qui s'en sort plutôt bien sous le regard d'Alba

Et si la récolte a pris du temps, le triage aussi, mais ça on pouvait pas vraiment aider, n'y connaissant rien.
Et encore une fois les plus suaves, c'est pour nous, pour faire du jugo et surtout du dulce (« confiture », mais pour moi qui ressemble plus à de la compote) : une véritable découverte pour mes papilles, riquissimo !!!! 

et y en a déjà dans le camion!
Les invernaderos justement, quand ils servent plus à grand chose – terrain abrité plus fertile – tu peux récupérer le bois de leur structure. Et c'est ce qu'on a fait une matinée : bah je peux te dire que c'est du sport de retirer les bâches plastiques solidement fixées avec clous et bouts de pneus ! Je crois que la familia a du bois pour se chauffer pendant au moins 1 an, si c'est pas plus ! 

y a du boulot!


méga chiant les bouts de caoutchouc à enlever!
Et à part les frutas, Alba et Wilo possèdent 6 vacas (et quelques "bébés") dont ils vendent le lait. Wilo ayant récemment investi dans une tireuse, j'ai pas pu essayer la traite manuelle... mais j'ai testé le lavage des tanques de leche à la main ! Et ces vaches sont de super tondeuses à gazon qui fonctionnent quasi 24/7 – sans rire, ça arrête pas de bouffer ces bêtes ! 




Du coup quand il n'y avait plus d'herbe à côté de la casa – ces mesdemoiselles l'ont bien fait comprendre tôt le matin – on les emmenées sur les hauteurs ! 


alors heureuses,  les vaches?
Autre animal présent, à part le perro viejito Tony, une lora, qui sifflait et chantait dès qu’elle entendait la camionnette de Wilo. Un peu comme un chien ^^ et d'ailleurs, il n'y a que lui qui peut l'approcher 
 



Bref, j'ai pas vu passer la semaine, grâce à ma famille d'accueil et les otros voluntarios :)

g.à d.: Rachael, Jade, Ellen, Amy (US), Marcel (Suisse), Monica, Wilo & Alba - Holger était en train de coucher Emily